by Frédéric Taddeï
1) Glouton, insatiable, bâti pour tous les excès, le corps féminin est une sorte d'anar
chie du "tout communique". Les filles jouissent de partout. Ressources inépuisables ! Pire : elles peuvent s'arrêter de faire l'amour quand elles veulent ou continuer indéfiniment, comme ces univers dont on dit qu'ils sont toujours en expansion. Longtemps, les garçons l'ont ignoré. Aujourd'hui - c'est le problème - ils le savent.
2) Avec un corps pareil, c'est normal, les filles sont obsédées par le sexe. Ouvrez la presse féminine, les fiches techniques succèdent aux remèdes de sorcières : "Comment le submerger de désir"," Mettre un préservatif sans que ça capote"," Pour en finir avec le flirt","Comment rester sexy à 70 ans"... C'est plus fort qu'elles, les filles n'arrêtent pas de se documenter, de faire des tests, de bâtir des théories. C'est comme si elle buvaient du pétrole pour cracher du feu. Et nous pendant ce temps là? " Que veux une femme?" ,se demandait Freud à la fin de sa vie. "De quoi jouit une femme?", s'interrogeait Lacan. Nos investigations sont toujours au même point. Au point mort. On ne sait rien. On ne veut rien savoir. On se contente de regarder les films pornos.
3) A ce régime, vingt-cinq ans ont suffit pour que les rôles s'inversent et que les filles nous piquent notre meilleure place : notre place au lit. Là ou trônait autrefois le mâle en chaussettes et tricot de corps, avec ces deux ou trois fantasmes d'opérette, ce sont elles qui règnent désormais en maîtresse exigeantes et cruelles, hésitant entre la position numéro 34 du baobab irlandais, et la 46, avec le pistolet à clous. En vingt-cinq ans; le sexe est devenu territoire féminin, Madonna, Sharon Stone et Clara Morgane ont achevé l'éducation d'une génération que la pilule autorisée aux mineurs et l'arrivée des pornos sur Canal+ avaient déjà sérieusement dessalée. Une fille, de nos jours, en sait deux fois plus que sa mère au même âge, elle en fait deux fois plus, elle en a vu deux fois plus. Par rapport à sa grand -mère, c'est huit fois plus. Tandis qu'un garçon n'en sait pas plus que son père ou son grand - père. Et il n'en a pas tellement fait d'avantage. Résultat : il est capable de dominer la grand-mère de sa petite amie, mais certainement pas sa petite amie.
4) Autrefois, c'était les garçons qui faisaient des filles, des femmes. Aujourd'hui, c'est le contraire. Ce sont elles qui nous déniaisent, elles qui nous font profiter de leur expérience, elles qui nous traitent de "mauvais coup ".
5) Les filles ont maintenant tous les droits. Rien ne nous empêchait, naguère, de les séd
uire et de les abandonner. Tant pis si elles tombaient enceintes, elles n'avaient qu'à faire attention. Un scénario si répandu que le cinéma italien en a fat ses choux gras pendant des décennies. Mais le cinéma italien est mort. Et tout un arsenal est désormais à la disposition de la gent féminine au cas ou l'un d'entre nous voudrait à nouveau s'en inspirer. Il y a l'égalité des sexes, la contraception, l'avortement, les procès en recherche de paternité, la loi contre harcèlement sexuel, la chirurgie esthétique et des godemichés au rayon "cadeau" des grands magasins... C'est nous la bille aujourd'hui. Et c'est la fille le flipper.
6) La vie de couple est devenue un long duel inégal entre, d'un côté, des déesses du sexe, tatouées, percées, romantiques à mort, d'un vice d'autant plus profond qu'elles le portent sans le sentir, et, de l'autre, les garçons qui ont la migraine. J'exagère? Sans doute. Mais c'est mon métier d'exagérer. On n'écrit pas une bonne chronique si on n'exagère pas (un peu).
Humeur du jour: Tu es mon Volcan préféré !
Les commentaires récents